L’IUT Nice Côte d’Azur rencontre des lycéen-nes pour la 5ème édition des rallyes-découvertes « Boy’s Day – Girl’s Day »

Le département Réseaux et Télécommunications de l’IUT Nice Côte d’Azur a accueilli, jeudi 30 mars sur son site de Sophia Antipolis, des élèves de 2nde du Centre International de Valbonne et du lycée Simone Veil, dans le cadre des journées « Boy’s Day – Girl’s Day ». Organisées par Alter Egaux, agence conseil en égalité professionnelle entre femmes et hommes et le Rectorat de l’Académie de Nice, ces rendez-vous avec des professionnels participent à la sensibilisation et à la prise de conscience des jeunes de la mixité des métiers… de tous les métiers que l’on soit une fille ou un garçon.
L’IUT Nice Côte d’Azur rencontre des lycéen-nes pour la 5ème édition des rallyes-découvertes « Boy’s Day – Girl’s Day »

Journée Girls'day boy's day - crédit photo © C.Navenot

Une belle rencontre avec Lucile Sassatelli, enseignante-chercheuse au sein du département R&T de l’IUT et du laboratoire I3S, dans le domaine des STIC (Sciences et Technologies de l’Information), qui après avoir présenté son parcours professionnel dans le « monde des hommes », a pointé l’inquiétante diminution de la part des femmes, particulièrement au cours des 30 dernières années, dans le domaine de la high tech. Si le taux de femmes diplômées dans les sciences de l’informatique était 38% dans les années 80, il a chuté à 18% en 2010. Comment expliquer un tel déclin ?

  • L’absence de médiatisation des « modèles » féminins dans les métiers de l’informatique est un premier élément de réponse. Qui connaît Ada Byron (fille de Lord Byron), figure capitale, reconnue comme la fondatrice du calcul scientifique et inspiratrice d’Alan Turing, père de l’informatique moderne. Ou encore Grace Hopper qui, jusque dans les années 80, a joué un rôle prépondérant dans le développement des langages informatiques. 
  • L’évolution des rôles féminins et masculins ensuite. Si historiquement les hommes se sont d’abord concentrés sur l’électronique (les machines), tandis que les femmes excellaient dans le calcul mathématique, il en a été différemment dès lors que les hommes ont découvert et compris que les logiciels étaient importants. Ils s’y sont intéressés, se sont qualifiés, excluant les femmes des « clubs » très fermés dans lesquels ils se retrouvaient. 
  • Le développement des ordinateurs personnels enfin a inscrit le domaine dans celui des hommes. Stratégies marketing et campagnes publicitaires ont positionné le PC comme un « toy for boys » (jouet pour garçon), créant et nourrissant le stéréotype de « geek » informatique, exclusivement masculin, dans les médias et les consciences. Les STIC sont ainsi devenues le territoire des hommes, programmateurs ou chefs d’entreprise high tech qui font rêver, à l’instar de Mark Zuckerberg le très médiatisé fondateur de Facebook. Oserait-on parler de sexisme ? Oui, et aux Etats-Unis la prise de conscience est nouvelle, mais aujourd’hui réelle. Ainsi le magazine The Atlantic titre son numéro d’avril 2017 : « Pourquoi la Silicon Valley est-elle si terrible pour les femmes ? » 

Lucile Sassatelli est intarissable sur ce sujet qui la préoccupe, la passionne et la mobilise. Les lycéennes et lycéens, très attentifs à son discours et sa démonstration, sauront certainement être de parfaits ambassadeurs pour transmettre le message auprès de leurs camarades de classe… et au-delà.