Les experts évaluent le risque d'extinction pour les mérous du monde

Le laboratoire Ecomers (UNS) a participé au groupe de travail sur la conservation des mérous qui a eu lieu au mois de novembre aux Açores (Portugal). 35 experts de 13 pays étaient réunis pour faire le point sur l'état actuel des Mérous et Labres et identifier les espèces présentant un risque d'extinction et favoriser ainsi la mise en place de pratiques plus durables pour la préservation de l'espèce.
Les experts évaluent le risque d'extinction pour les mérous du monde

crédit photo © P. Francour

Le Groupe de Spécialistes Mérous et Labres qui regroupe la plupart des experts mondiaux de ces espèces écologiquement importantes, s'est réuni récemment au mois de novembre dans l'île de Faial, aux Açores (Portugal), pour évaluer le statut des 164 espèces de ce groupe à l’échelle mondiale. Ce n'est que la deuxième fois en dix ans que ce groupe se réunit après Hong Kong où en 2007 la plupart de ces espèces a été évaluée globalement pour la première fois. L'atelier des Açores, appuyé par le personnel de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) pour la diversité biologique, est essentiel car les réévaluations de la Liste rouge doivent être effectuées au moins une fois tous les dix ans.Et c'est la première fois qu'un Groupe de spécialistes marin mène une telle réévaluation globale afin de déterminer les changements survenus sur une décennie.

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) est la plus grande et la plus ancienne union de conservation du monde ; elle est composée de gouvernements nationaux et d'ONG. L’UICN est bien connue pour les Liste Rouges qu’elle publie régulièrement et qui donnent l'état de conservation de milliers d'espèces de plantes et d'animaux, après une évaluation par les experts des Groupes de Spécialistes (GS), sous couvert de la Commission de Survie des Espèces.

Une population en déclin
La révision du statut de conservation des mérous est particulièrement important en raison de la pression d'exploitation croissante qui pèse sur ce groupe de poissons si importants comme moyens de subsistance ou comme source de revenus alimentaires dans de nombreux endroits à travers le monde. Peu de mérous semblent être surveillés régulièrement, peu sont gérés efficacement et beaucoup sont en déclin. En raison de leur longue durée de vie, de l’âge avancé de la première reproduction et de l’existence fréquentes d’agrégations de géniteurs au moment de la reproduction, bon nombre de ces espèces sont particulièrement vulnérables à la surpêche et il est à craindre que leurs populations ne soient en déclin.

A l'issue de la réunion de ce groupe d'experts, auquel le laboratoire Ecomers de l'UNS a participé, des premières conclusions permettent de souligner les inquiétudes grandissantes qui existent pour plusieurs espèces de mérous et, en particulier, celles fortement exploitées lors des agrégations de reproduction. Il a également été mis en exergue le besoin urgent de recueillir des données plus précises et plus fiables sur les pêcheries de mérou et de gérer beaucoup plus efficacement ces populations que ce qui est fait aujourd'hui si nous voulons qu’elles survivent demain.

L'atelier a été co-organisé par le GWSG, l’Institut de Recherche Marine (IMAR) basé à l'Université des Açores et le Centre de Sciences Marines et Environnementales (MARE) et a été généreusement financé par la Ocean Park Conservation Foundation (Hong Kong), le Bin Zayed Fund, l'Université de Hong Kong et le Gouvernement Régional des Açores.