La 17ème édition de la Conférence Internationale de Gouvernance (CIG) s'est tenue à Nice

La 17ème édition de la Conférence Internationale de Gouvernance (CIG) s’est tenue pour la première fois à Université Côté d’Azur, les 4 et 5 juin 2018, sous la co-organisation du Groupe de Recherche en Management (laboratoire GRM), de l’IAE de Nice et de l’EDHEC Business School.

Ce colloque francophone regroupe principalement des chercheurs canadiens, français et belges, spécialistes des organisations privées et publiques. Il se tient alternativement en France et à l’étranger. Après Lausanne en 2017, la 17èmeédition à Nice a permis de réunir plus d’une centaine d’enseignants-chercheurs avec une représentation de six écoles/universités canadiennes (Concordia, HEC Montréal, Laval, Moncton, Ottawa et Sherbrooke). Les chercheurs des écoles/universités suisses (Genève, Lausanne et Fribourg) étaient également présents. Enfin, la Belgique était représentée par l’Université de Mons.  

La conférence a débuté par une table ronde consacrée au nouvel objet social de l’entreprise. Dans le cadre du projet de loi PACTE, s’est développée une réflexion sur l’entreprise et plus précisément sur son gouvernement d’entreprise, face à une financiarisation accrue de l’économie et à un certain « court-termisme » des investisseurs. L’idée est de redonner à chaque entreprise une « raison d’être » non réductible au profit. Pour cela les intérêts collectifs, et notamment ceux de l’ensemble des parties prenantes, doivent dépasser les intérêts des seuls actionnaires. Un rapport sur ce sujet(L’entreprise, objet d’intérêt collectif) dit « rapport Notat-Sénard », du nom des coordinateurs : Nicole Notat, présidente de VIGEO EIRIS et Jean-Dominique Sénard, Président de MICHELIN, a été remis au gouvernement le 9 mars 2018.

Marina Teller (Professeur des universités, Faculté de Droit, GREDEG) a dans un premier temps apporté son regard juridique au débat. En effet, le rapport Notat-Sénard prévoit la réécriture des articles 1833 et 1835 du Code Civil.  

 Puis, Armand Hatchuel (Professeur des universités, Mines Paris Tech) a remonté le temps en explicitant les métamorphoses de l’organisation, de l’entreprise moderne à la crise actuelle.

Enfin, le Président Daniel Lebègue, ancien directeur du Trésor, de la BNP et de la Caisse des dépôts, et actuel Président honoraire de l’Institut Français des Administrateurs, a conclut la conférence en se demandant si les recommandations formulées dans le rapport Notat-Sénard permettaient de prendre en compte l’intérêt général par les entreprises. 

Si certaines avancées restent encore timides, en matière notamment de participation des salariés dans les conseils d’administration, les dispositions proposées constituent une véritable rupture.

La conférence s’est poursuivie avec cinq sessions d’ateliers parallèles (64 communications présentées) sur des sujets de gouvernance variés, consacrés aussi bien à la participation des femmes dans les conseils d’administration qu’à la rémunération des dirigeants ou encore à la gestion des résultats. Les questions d’activisme des actionnaires et d’éthique ont également été abordées.

Pour sa 18èmeédition, la Conférence internationale de gouvernance se tiendra à Bruxelles en 2019.

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