Formation initiale en comptabilité : les cursus développent l’ouverture des étudiants

Les diplômes dédiés à la filière expertise comptable, ceux des écoles de commerce ou bien les parcours universitaires tendent tous à coller au plus près au monde professionnel. Tour d’horizon auprès de quelques acteurs.

C’est un questionnement récurrent : comment donner l’envie aux jeunes de s’engager dans la voie de la comptabilité, leur proposer un parcours diplômant efficace et répondre, ce faisant, aux attentes des cabinets recruteurs ? Si, dans les faits, beaucoup de cabinets aiment recruter des profils variés, il n’en demeure pas moins que la filière classique (DCG et DSCG, puis Dec), reste une valeur sûre. "Nous formons plus de 12 000 étudiants en France et à l’étranger, aux diplômes d’Etat que sont le DCG, le DSCG et le Dec ainsi qu’à nos propres diplômes : DGC et DSGC qui sont les équivalents des diplômes d’Etat", détaille Jean- Pascal Régoli, responsable pédagogique à l’Intec-Cnam. Dans un établissement spécialisé comme l’Intec (institut national des techniques économiques et comptables), les étudiants sont sur des «rails» qui mènent de facto vers les métiers du cabinet d’expertise comptable et débouchent sur le Dec pour les plus volontaires. "L’Intec a une très bonne réputation auprès des professionnels et nous entretenons des liens étroits avec les instances du métier, comme l’Ordre des experts-comptables, indique Jean-Pascal Régoli. Nous accueillons bon nombre d’intervenants professionnels — experts-comptables, juristes, avocats, etc. — qui apportent un savoir de «terrain» aux étudiants. Enfin, nous constatons un engouement pour l’alternance et l’apprentissage qui contribuent à l’ancrage des élèves dans la vie réelle du cabinet". L’Intec prépare notamment au master CCA en apprentissage pendant deux ans.

Des étudiants au profil varié

Côté formation universitaire, le master CCA dispense totalement des épreuves du DCG et partiellement du DSCG : "Il existe 41 universités en France qui préparent au Master CCA et elles s’engagent toutes dans un référentiel commun, explique Véronique Pérès, directrice du Master CCA de l’Université de Nice Sophia- Antipolis. L’intérêt d’une formation universitaire est que les étudiants acquièrent un savoir technique conforme aux besoins des professionnels, mais également un savoir académique, très utile pour le développement de la réflexion, la prise de recul, presque une amorce de recherche dans le domaine de la comptabilité. Nos étudiants effectuent d’ailleurs un mémoire à la fin de chaque année du master". A Nice, le master CCA a la particularité de faire partie d’un institut d’administration des entreprises, IAE. Côté écoles de commerce, certaines d’entre elles permettent également d’obtenir des dispenses au DCG et au DSCG, comme la Burgundy School of Business (ESC Dijon). "Notre parcours Audit-Expertise-Conseil permet de valider les dispenses d’épreuves de 5 UE du DSCG sur 7", explique Odile Barbe, responsable de la filière Audit-Expertise-Conseil de la BSB. Le parcours Audit s’ajoute au tronc commun du Master Grande Ecole, les étudiants ont donc un socle de connaissances dans les fondamentaux du management, du marketing et de la finance.

Des liens récurrents avec les cabinets

Quelles sont les démarches des cursus pour préparer les étudiants à la vie professionnelle ? Premier constat : les DCG et DSCG, diplômes d’Etat, présentent déjà dans leurs programmes de l’anglais des affaires et du management. Selon les écoles, les enseignants prennent des initiatives pour introduire une dose d’apprentissages non-techniques. A l’IAE de Nice, les initiatives avec les professionnels se multiplient : "Nous organisons des rencontres et des conférences, comme récemment sur les IFRS", explique Véronique Pérès. Les étudiants de l’IAE organisent eux-mêmes le Forum, qui accueille les professionnels et les instances partenaires comme l’Ordre, ou la CNCC. Au BSB, les initiatives pratiques sont légion : conférences métier animées par les cabinets partenaires, incubateur au sein de l’école, Forum des entreprises, Journée carrières où les cabinets recrutent, et même un service d’aide aux créateurs d’entreprise, pour les étudiants qui voudraient se lancer dans l’entrepreneuriat. "Par ailleurs, nous proposons aux étudiants des cas concrets, animés par les cabinets, comme la restitution annuelle des comptes avec bilan imagé, le pilotage d’entreprise grâce aux outils informatiques, de sorte qu’ils touchent du doigt la réalité du dialogue avec un client", indique Odile Barbe. Qu’ils disposent d’un socle technique, académique ou business, les étudiants en comptabilité-audit sont désormais incités à s’ouvrir aux réalités du métier. 

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Source : Olga Stancevic, http://www.actuel-expert-comptable.fr/content/formation-initiale-en-comptabilite-les-cursus-developpent-lo uverture-des-etudiants