Comment Mycophyto fait pousser les plantes autrement

La start-up installée à Sophia-Antipolis veut développer les champignons mycorhiziens, capables d'amplifier la surface racinaire des plantes. C'est bon pour les cultures mais surtout ça apporte une solution alternative aux engrais chimiques.

L'interaction entre les plantes et les micro-organismes bénéfiques est le sujet de recherche de Justine Lipuma depuis de nombreuses années. C'est après quatre années passées en sein d'un laboratoire italien, à Turin, que cette diplômée en biologie de l'Université de Nice, décide de créer Mycophyto. Pour développer un type de champignons particuliers mais bienveillants, les champignons mycorhiziens

Former des couples

Leur particularité : être capable de rentrer dans la racine de la plante et de multiplier par cent la surface racinaire, ce qui permet d'aller chercher plus loin tous les nutriments nécessaires. "Le champignon fournit du phosphate - élément rare - à la plante, laquelle, perçoit la lumière et la transforme en carbone pour le champignon". Un échange de bons procédés qui s'appelle la symbiose.

Si ces champignons spéciaux peuvent entrer dans toutes les plantes, il existe cependant des associations plantes/champignons qui fonctionnent mieux que d'autres. Le but de la startup azuréenne c'est justement de former de véritables "couples". "Mon projet est d'optimiser la synergie plante/champignon en identifiant, isolant et développant les champignons mycorhyziens", explique Justine Lipuma. Car si le champignon est présent, parfois il l'est en trop faible quantité et doit être boosté.

Pas chimique

Toujours en phase de R&D, Justine Lipuma envisage une commercialisation sous formes de plants mycorhizés pour 2019. Pour l'heure elle effectue des contrats de recherche, notamment pour les industriels de la parfumerie soucieux de définir de nouveaux moyens de productions plus propres. Car la réglementation se durcit, les exigences des consommateurs se fait plus forte et les professionnels n'ont aucune solution alternative aux engrais et pesticides chimiques. La startup travaille actuellement sur un projet autour de la rose centifolia et de la lavande. Avec l'INRA et l'Université Côte d'Azur, c'est autour de l'olivier que des travaux sont menés.

La prochaine étape est de mettre en place des sites de production, sous forme de serres. Et d'embaucher des forces vives, commerciales et techniques pour atteindre l'objectif d'une commercialisation dans deux ans.