Histoire de l'art et philosophie de l'art

Cycle de conférences "Histoire de l'art et Philosophie de l'art" au Musée national Marc Chagall
Histoire de l'art et philosophie de l'art

Illustration Yassine Mili

Ces conférences sont organisées l'UNS , le Musée National Marc Chagall, l'Association des Amis du Musée national Marc Chagall.

Les conférences ont lieu dans l’auditorium du Musée National Marc Chagall. Entrée gratuite pour les étudiants et les personnels.

Le cycle de conférences esthétique et histoire de l’art peut être choisi en tant qu’Unité d’Enseignement Libre (UEL), dans la limite des places disponibles. Programmation et informations concernant cette UEL : Carole Talon-Hugon - Carole.TALON-HUGON@unice.fr

 

Programme 2017/2018

 

 

Mardi 24 octobre 2017 à 19h

Céline FLÉCHEUX

 ENTRE LE PROCHE ET LE LOINTAIN : L'HORIZON

"Qu’est-ce que l’horizon ? Il peut sembler hasardeux de porter ses recherches sur ce qui, par nature, échappe à toute prise : comment cerner l’horizon alors qu’il recule lorsqu’on s’en approche ? L’horizon, ce lieu qui n’en est pas un, n’est pas non plus un objet. Réfractaire à toute tentative de saisie, fictif tout autant que réel, il se déplace avec le sujet qui l’observe ; il est une réalité physique que tout le monde peut expérimenter, mais qui, pourtant, dépend de l’observateur.

Entre imaginaire et réalité, les artistes n’ont cessé de nous rendre sensibles à ses nombreux paradoxes, qui impliquent d’articuler le proche et le lointain, le présent et l’avenir, la réalité et le désir. C’est de ces paradoxes de l’horizon que nous discuterons entre philosophie et histoire de l’art."

 
Céline Flécheux est maître de conférences en esthétique à l’Université Paris Diderot. Elle est l’auteur de L’horizon, des traités de perspective au Land Art (PUR, 2009) et de L’horizon (Klincksieck, 2014). Elle a collaboré à des catalogues d’expositions (J’aime les panoramas, MUCEM, 2015) et à des monographies dans le champ de l’art contemporain (Nancy Rubins Work, Steidl, 2013). Elle dirige la collection Les Contemporains avec Magali Nachtergael aux éditions P, où elle vient de publier les Coyote Stories de Chris Burden et Manque d’imagination d’Alex Cecchetti.

 



Mardi 7 novembre 2017 à 19h

Filippo FIMIANI

NEL BLU DIPINTO DI BLU. SUR L'AVENTURE MONOCHROME D'YVES KLEIN

 

" Nice, été 1947 : Yves Klein, Claude Pascal et Armand Fernandez sont assis sur la plage ; les yeux sur la mer et sur le ciel bleu sans nuages, ils ne font rien et, désoccupés et enthousiastes, discutent de l'art à venir et du grand style du futur. A partir de ce moment de vacance saturée de mots, leur vie va changer radicalement et devenir une vità nuova, une vie d'artiste sans œuvres d’art et pourtant pleine d’intentions, de gestes et de fictions. Dans cet épisode, souvent restitué par les récits après-coup des protagonistes et fixé par des images photographiques, est né le Nouveau Réalisme et sa volonté artistique de surmonter les problématiques de l'art du Modernisme et de l’Action painting. Capital et encore intrigant, est le projet, à la fois phénoménologique et conceptuel, réaliste et réflexif, d’immatérialisation de la peinture et de mythification de l’artiste, d’Yves Klein. Je m’attarderai sur ses ironies et ses apories, ainsi que sur sa portée critique."

Philosophe et Docteur ès Lettres, Filippo Fimiani est professeur d’Esthétique à l’Université de Salerne et co-directeur de la revue Aisthesis. Dans le cadre de la théorie critique dans les images, de la culture visuelle et de l'esthétique, il travaille spécialement sur les relations des représentations visuelles et rhétoriques dans la littérature et les médias. Parmi ses publications, notons, outre les éditions critiques d’œuvres de Lautréamont, de Gaston Bachelard, de Paul Claudel, Labeling, Describing, Exhibiting (avec Pietro Kobau, 2011), L’Esthétique à l’œuvre/The Aesthetic at Work (avec Pierre-Henry Frangne, 2011), Je est un autre. Mimicries in Nature, Art and Society (avec Pietro Conte et Michel Weemans, 2016), et Fantômes de l’art (2012)

 


Mardi 12 décembre 2017 à 19h

Jean-François CHEVRIER

FORMES BIOGRAPHIQUES ET MYTHOLOGIES INDIVIDUELLES

" En 1854, Gérard de Nerval notait sous son portrait : « Je suis l’autre ». Rimbaud retrouva la formule en 1871 quand il lança : « Je est un autre ». Dans l’histoire croisée de l’art et de la littérature modernes, la reconnaissance de cette altérité intime a permis le développement une forme de construction biographique expérimentale désignée par l’expression « mythologie individuelle ». Cette notion a conservé sa validité et ouvre une voie fertile pour l’art d’aujourd’hui. La conférence permettra d’apporter de nouveaux éléments de réflexion dans le prolongement du livre Formes biographiques. Il s’agira notamment de mettre en lumière la dimension du territoire et du paysage dans l’élaboration des mythologies individuelles."

Historien de l’art, commissaire d’expositions, Jean-François Chevrier enseigne à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris depuis 1988. Auteur de nombreux essais sur les rencontres entre art et littérature, l’art moderne (photographie comprise), l’espace public et l’architecture, il a également accompagné le travail d’artistes très divers. Les Éditions L’Arachnéen ont publié entre 2010 et 2015 sept volumes de ses écrits, parmi lesquels L’Hallucination artistique. De William Blake à Sigmar Polke (2012). Ses expositions les plus récentes sont « Formes biographiques » (Musée Reina Sofía, Madrid et Carré d’art, Nîmes, 2014-2015) et « Agir, contempler » (Musée Unterlinden, Colmar, 2016).

 

Mardi 27 mars 2018  à 19h

Patricia LIMIDO

REPENSER LE MONDE DE LA VIE À PARTIR DES NOUVELLES ESTHÉTIQUES ENVIRONNEMENTALES 

" La diversité nouvelle des paysages et des espaces urbains qui constituent désormais notre monde de la vie, ou comme dit Husserl notre Umwelt, requiert de nouvelles analyses afin de réinterroger les modalités et les catégories de l’expérience esthétique. C’est d’une certaine manière ce que propose depuis une vingtaine d’années l’esthétique environnementale, qui s’est formée dans les sillages de la philosophie analytique anglo-saxonne. Je propose de présenter cette nouvelle perspective esthétique qui offre en fait une pluralité de conceptions et d’enjeux, tous liés aux différentes possibilités d’aménager nos environnements quotidiens. Cela constituera une invitation pour repenser la physionomie de notre monde ambiant et corrélativement la possibilité d’y déployer un nouvel horizon esthétique."

Patricia Limido, docteur et professeur agrégé de philosophie, enseigne la philosophie et l’esthétique à l’université Rennes 2 dans le département d’histoire de l’art. Spécialiste de la pensée de Husserl et Ingarden dont elle a traduit un certain nombre de textes (Esthétique et Ontologie de l’œuvre d’art, Paris, Vrin, 2011, L’Œuvre d’art architecturale, Paris, Vrin, 2013), elle travaille aussi sur l’esthétique du paysage et des arts paysagers ; à l’intersection de ces différents intérêts se tient la corrélation du sujet et de l’objet et la constitution du monde de la vie. Elle a récemment publié Une histoire philosophique de la nature, Éditions Apogée, Rennes, 2014, et Les Arts et l'expérience de l'espace, Éditions Apogée, 2015.


Mardi 13 février 2018  à 19h

Pierre-Henry FRANGNE

L'INVENTION DE L'HISTOIRE DE L'ART

" La conférence analysera la naissance de l’histoire de l’art, du XVIe siècle au XIXe siècle, de Vasari à Hegel, en montrant la philosophie de l’art sur laquelle elle est adossée. Cette philosophie permet de penser une unité d’essence de l’art et des arts, de dégager des époques comme les différents moments d’incarnation ou d’effectuation de cette essence, enfin, de déterminer un style classique orientant et normant son cours ou ses œuvres. Or, à l’époque contemporaine qui est celle des avant-gardes et d’une profonde indétermination ou ouverture du concept d’art, il n’est pas sûr que cette philosophie de l’histoire de l’art soit encore possible. Qu’est ce qui caractérise et fonde alors, aux XXe et XXIe siècles, notre nouvelle histoire de l’art ? Une hypothèse et une réponse seront essayées : une histoire de l’art sans Art, sans époques ni historicisme."

Pierre-Henry Frangne est professeur de philosophie de l’art et d’esthétique au département d’histoire de l’art de l’université de Rennes. Il a publié une vingtaine d’ouvrages (livre personnel, direction d’ouvrage collectif, édition, traduction ou anthologie critiques) portant sur la pensée de Mallarmé, sur l’art symboliste français de la fin du XIXe siècle, sur les rapports entre les arts à l’époque contemporaine, sur la pensée musicale du XVIIe et du XXe siècle, sur le paysage photographique. Il a créé, et dirige aujourd’hui encore avec Roger Pouivet, la collection Aesthetica des Presses Universitaires de Rennes.


Mardi 10 avril 2018 à 19h

Laurent LE BON

DIORAMAS EN EXPOSITION ?

" Le caractère protéiforme du diorama pose de nombreuses questions quant à son exposition. Inventé par Louis Daguerre au XIXe siècle, ce dispositif au croisement de l’art, du théâtre, du cinéma et de la science continue d’inspirer les artistes contemporains. Il s’agira de revenir sur l’expérience inédite de l’exposition au Palais de Tokyo en 2017, qui a tenté de retracer l’histoire de ce procédé et de montrer sa dimension pluridisciplinaire."

Conservateur général du patrimoine, Laurent Le Bon a été en charge de la commande publique à la Délégation aux arts plastiques du ministère de la Culture et de la Communication puis, de 2000 à 2010, conservateur au Musée national d’art moderne, Centre Pompidou. Il a été commissaire d’une cinquantaine d’expositions et l’auteur des ouvrages afférents, notamment « Dada » au Centre Pompidou, « Jeff Koons Versailles » au château de Versailles et, en 2017, « Jardins » aux Galeries nationales du Grand Palais et « Dioramas » au Palais de Tokyo. De 2008 à 2014, il a dirigé le Centre Pompidou-Metz, où il a assuré le commissariat des expositions « Chefs-d’œuvre ? » et « 1917 ». Il est, depuis juin 2014, Président du Musée national Picasso-Paris.